Découvrez notre catalogue Octobre 2021 Mon compte

Français
  • Recherche
  • Recherche avancée

173-2, 2015. L'abbatiale carolingienne de Saint-Philbert-de-Grandlieu.

173-2, 2015. L'abbatiale carolingienne de Saint-Philbert-de-Grandlieu. - Bulletin Monumental

À la fin du XIXe siècle, quand s'est posée la question de savoir s'il fallait restaurer ou non l'abbatiale de Saint-Philbert-de-Grandlieu, on choisit de construire une nouvelle église paroissiale et de transformer l'ancien édifice en marché couvert. À cette occasion, Léon Maître, archiviste de Loire inférieure, procéda à une première étude du monument, qu'il data de l'époque carolingienne sur la base d'un texte écrit au ixe siècle par le moine Ermentaire, texte relatant le transfert, en 836, des reliques de saint Philibert de Herio (Noirmoutier) à Deas (Saint-Philbert-de-Grandlieu), en raison de la menace viking. Dans les Miracula, Ermentaire décrit brièvement la dépose du sarcophage dans le transept de l'abbatiale, puis la reconstruction partielle du chevet. Les fouilles du Père de la Croix ont permis de préciser la structure du monument, mais certaines de ses interprétations ont été immédiatement contestées, notamment par Léon Maître et par Robert de Lasteyrie. En 1960, Pierre Lebouteux a proposé une analyse fine des maçonneries, mais sans parvenir vraiment, faute de fouilles, à une conclusion sur la structure et la date de l'édifice. Les recherches entreprises en 1997 ont permis, sur la base de quelques sondages et d'une lecture nouvelle de la construction, d'attribuer sans conteste à l'époque carolingienne le chevet de l'abbatiale, la nef, reconstruite au XIe siècle, ne conservant que peu d'éléments antérieurs. Deux phases carolingiennes ont pu être mises en évidence. À la première, que l'on peut vraisemblablement situer au début du ixe siècle, appartiennent le transept et diverses fondations découvertes en fouille, qui ont permis de restituer une abside polygonale, enveloppée d'un étroit couloir de circulation desservant un petit oratoire oriental de plan rectangulaire. La seconde phase, a vu l'amplification du chevet, après 836 et avant 858 (abandon de Deas), avec une profonde abside semi-circulaire, incluant, sous une estrade élevée, la crypte-confession avec le sarcophage de saint Philibert et un petit oratoire cruciforme – le tout en grande partie conservé. En périphérie, se développe une importante crypte hors-œuvre, dotée de trois chapelles orientées. Les datations radiocarbone, comme les analyses des terres cuites architecturales, par archéomagnétisme et thermoluminescence, ont confirmé l'appartenance carolingienne de ces deux phases de construction du chevet. Le décor sculpté de l'abbatiale, particulièrement pauvre, consiste en quelques impostes sommaires dans la crypte hors oeuvre et trois chapiteaux de l'antiquité tardive en remploi. Le décor peint ne subsiste que sous forme de lambeau, pour l'essentiel des XIIe-XVe siècle.
Référence : 46739. Français
25,00 €
Retour
Dans la même époque